Ce corps, double triple et multiple, devient dans mon travail « le réceptacle où l’invisible agit autant que le visible »

La représentation du corps occupe une place centrale dans mon travail.

Ce corps représenté est à la fois « le vecteur, le motif et le sujet » de compositions que je construis par découpage et collage de dessins originaux, répétition de calques de mes dessins et de leur photocopies, assemblés à des images d’origines diverses. Sous l’influence d’associations d’idées, je reconstruis des êtres, hommes, femmes, animaux, enfants. Je les rapproche, les superpose, les déforme jusqu’à ce que cet assemblage tienne comme le début d’une histoire, d’une fiction, le point d’ancrage d’une narration qui m’échappera par le regard de l’autre.

Le sens qui se dévoile par l’interaction de l’intime et de ce qui m’est inconnu, est un dévoilement, une apparition aux teintes multiples de la douceur, de la séduction, de la cruauté, de l’attirance et de la répulsion, de l’amour. La question du portrait ou de l’autoportrait ne se pose pas comme sujet d’étude, mais plutôt comme un questionnement de ma relation au vivant.

C’est une enquête constante qui interroge la perception de ce qui peut faire lien et qui est à l’œuvre entre le particulier et l’universel.

Par ce procédé de dessin, découpage, collage, je cherche ma ‘’’mesure au monde’’, mes intersections comme des croisements de vie révélés en transparence dans une architecture de l’intime, qui rendrait un corps visible par les strates de vie qui le composent.

Aujourd’hui je me sens visible dans cette frontière parfois fugace mais essentielle à la relation avec l’autre, avec soi.

 

Nathalie Tacheau 2011

(1)Nadine Labedade, « Philippe Rham Décosterd & Rham, associés » La quatrième dimension de l’architecture. Exposition Frac Centre 2005.