Textes

Texte : Plutôt la barbarie que l’ennui – de Marie Cantos

ba2Au commencement, il y a l’ennui. Celui des dimanches après-midis et des conversations d’adultes. Un ennui presqu’enfantin, sans fond, sans fin. Et de cet ennui, le geste. Irrépressible. Mécanique.

Je ne sais pas quoi faire de mes dix doigts, prévient-elle en 2000 (Jeune Création). L’installation, réalisée à partir de gants en latex noués ensemble, toujours de la même manière, avec le même mouvement, dans le même sens, inscrit déjà la répétition jusqu’à l’épuisement au cœur du processus créatif. A ce moment-là, le dessin est présent, très présent, quotidien et obsessionnel même, mais il reste encore enfermé dans les (très nombreux) carnets que Nathalie Tacheau remplit. En 2008, l’artiste commence à extraire de ces carnets des croquis rehaussés au feutre, à l’aquarelle, à l’encre de Chine. Le biomorphisme des formes rondes et ovoïdes évoque des coupes anatomiques observées au microscope. Des figures récurrentes se détachent peu à peu de ces espaces flottants. Les motifs se répètent, noircissant vêtements et chevelures. Les yeux se cernent à force de repasser dessus. Des yeux au beurre noir, presque (Carnet, 2011 ; ou encore : Sans titre, 2011). Des dentelles de traits recouvrent tout ou partie des compositions (ce que l’on retrouve aujourd’hui dans L’Oiseau, 2012, ou Nuer, 2013) et se noient à leur tour sous l’humeur aqueuse de l’aquarelle ou de l’encre de Chine (de même, aujourd’hui : Enfance à reculons, 2012). La peinture apparaît dans ces dessins, parfois très colorés, que l’artiste maroufle désormais sur de petites toiles carrées de vingt centimètres de côté. Et très vite, en 2011, elle change d’échelle et investit le grand format, sur toile ou sur papier. (suite…)

Ce corps, double triple et multiple, devient dans mon travail « le réceptacle où l’invisible agit autant que le visible »

La représentation du corps occupe une place centrale dans mon travail.

Ce corps représenté est à la fois « le vecteur, le motif et le sujet » de compositions que je construis par découpage et collage de dessins originaux, répétition de calques de mes dessins et de leur photocopies, assemblés à des images d’origines diverses. Sous l’influence d’associations d’idées, (suite…)

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par Bernard Point

Lorsqu’en octobre 2008, dans une exposition de groupe, je pénètre un espace étonnamment investi par Nathalie Tacheau, je découvre le dessus du panier : la mise en espace des peintures, dessins, collages, m’introduit au cœur d’une étonnante écriture plastique qui impérativement m’invite à en explorer les dessous. (suite…)